2014-11: une commémoration originale

2014-11: une commémoration originale

1914-1918 : La vie à Auxillac comme si vous y étiez !

Les 10 et 11 novembre 2014 resteront dans la mémoire des Auxillacois comme deux jours d’intense communion avec les auxillacois d’il y a 100 ans, les hommes tués au front et surtout les femmes et les enfants restés au village. Moments d’intense émotion qu’ont fait vivre aux participants au spectacle écrit par Guy Lévèque les comédiens de la compagnie « la faute à Voltaire ». Spectacle alternant l’annonce froide de chaque « mort pour la France » par Bernard Granjean et la lecture de lettres du curé, de l’instituteur, d’une religieuse, de simples paysannes, séquences entrecoupées par l’accordéon de Lore Puech, équilibre parfait qui plongeait l’assistance dans la vie des Auxillacois de l’époque comme s’ils la vivaient tous ensemble !

Cette vie c’était d’abord celle des femmes restées au village. Pour ces femmes courageuses, la guerre c’est le travail, son travail habituel de femme et de mère mais aussi le rude travail des champs, celui pour lequel, dès le 7 août 1914, le président du conseil lui même avait lancé un appel demandant aux femmes d’aller faucher ! A ce travail épuisant s’ajoute l’angoisse permanente, l’attente,« l’attente d’un mari, d’un fils, d’un frère, d’un fiancé ou tout simplement d’un voisin…une attente insupportable plombée par le doute et la peur… la peur des messages de malheur, la peur du facteur, la peur du gendarme, la peur du maire et du curé,  la peur des cauchemars qui peuplent les nuits interminables », le manque « manque de l’autre, d’amour, de tendresse, de temps, de nourriture, d’argent, de tout .. ».

Quand on sait qu’au 1er janvier 1915, après seulement 5 mois de combats, 9 Auxillacois ne reviendraient plus au village, on réalise mieux la souffrance de leur épouse, de leur mère et de tous les habitants ! Cet hommage aux femmes s’est poursuivi le lendemain par une exposition « les femmes dans la guerre » à l’auberge du moulin. En l’inaugurant Jacques Blanc, qui avait assisté au spectacle de la veille, s’est dit «  très impressionné  par ce moment  intense qui nous a permis de mesurer de près les choses ».

Si l’on en juge par les félicitations appuyées qu’il a adressées aux organisateurs la commune de La Canourgue peut être fière du travail réalisé à Auxillac par une petite équipe, sous la houlette de Guy Lévèque : la compagnie « la faute à Voltaire » et Dominique Vidéla avec le concours de Francis Estevenon, Karine Boissonnade, Nadine et Régine Clavel et nos aubergistes Carole et Olivier. Cette « plongée »dans le passé auxillacois vécue intensément par la communauté auxillacoise a eu le grand mérite de nous faire réfléchir sur les catastrophes que peut provoquer une petite étincelle (l’assassinat de François-Ferdinand de Habsbourg en l’occurrence) sur un terrain « favorable » où le rejet de l’autre a remplacé le respect et le dialogue….belle leçon pour ceux qui ont partagé ces moments exceptionnels « tous ensemble » !

Pierre Ygrié

lire aussi un très beau texte de Guy Lévêque : http://vivreetecrire.fr/wp/wordpress/?p=725