La Lozère autrement, les visites d’usines

La Lozère autrement, les visites d’usines

Seule ville industrielle de Lozère, Saint-Chély est devenue cité ouvrière par la suite du désistement de Saint-Flour et par le peu d’empressement de Marvejols et de Langogne à s’ouvrir à l’industrie. La Société des Aciéries et Forges de Firminy (Loire) avait décidé l’implantation de l’usine. Les édiles barrabans ont osé.

Dès 1915, plus de mille ouvriers s’affairent à la construction des ateliers et des infrastructures nécessairst-chely-usinees à leur fonctionnement : barrages, centrales… Le démarrage de l’activité a lieu en 1917. La production du ferro-alliage débute et moins de 10 ans plus tard, pas moins de 12 fours fonctionnant à l’énergie hydro-électrique se révèlent opérationnels. Dès lors, l’élaboration des tôles magnétiques à partir de ferrailles de récupération constitue l’une des missions de l’entreprise.

L’usine a été et reste le poumon économique de la cité. De 1470 habitants en 1911, la population passe à 2490 en 1936. Dès les premières années, le recrutement est local, puis il est fait appel à des Polonais, Tchèques, Italiens, Yougoslaves, Hongrois et Espagnols. Saint-Chély se divise en gens d’usine et gens du bourg, communautés parfois difficiles à se comprendre. L’essor se poursuit au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Dans les années cinquante à soixante, on compte près de mille salariés !

En 1960, La Société des Aciéries et Forges de Firminy avait laissé sa place à un puissant groupe industriel, la Compagnie des Aciéries et Forges de la Loire. En 1969, l’arrêt du laminage à chaud n’affecte pas la production de ferro-alliages, mais au contraire, elle s’intensifie. En 1970, la société rejoint le groupe Creusot-Loire. En 1984, la Société métallurgique devient une filiale du groupe Usinor. En juillet 1998, Saint-Chély rejoint Sollac qui investit 62 millions de francs pour un laminoir plus performant. Dans les mois suivants, Sollac apporte plus de 4 millions d’euros dans de nouvelles installations, celles-ci pouvant produire des aciers de très haute qualité.

Sollac Méditerranée, groupe Arcelor, assure une production annuelle de 115000 tonnes dont 60% sont destinées à l’exportation. De nombreuses opérations s’avèrent nécessaires. Ce sont d’abord les « coils », bobines de 16 tonnes qui usine-etincelleparviennent de Dunkerque et de Fos-sur-Mer. Après avoir subi un découpage, le métal est chauffé à 750° avant d’être refroidi et laminé pour atteindre une épaisseur de 5/10 de millimètres. Après un passage au recuit, le métal acquiert des propriétés magnétiques. Cette phase est suivie du refendage, de l’emballage et de l’expédition. Ces différentes opérations nécessitent des outils performants où domine l’automatisation. Depuis 1993, Saint-Chély d’Apcher est le seul producteur français de tôles électriques à grains non orientés qualité Fully Process.

Les tôles trouvent leur application dans de nombreux domaines : l’électroménager, l’industrie automobile, la construction du TGV, la fusée Ariane … Aujourd’hui l’usine a rejoint le groupe Arcelor Mittal.
Dans la perspective de doubler la production, un proget d’extension de l’usine sera examiné par Mittal au cours du mois d’août pour un budget de 80M€

Au-delà des performances industrielles, la société procure des revenus à un bon st-chely-cite-ouvrierenombre de familles. La cité ouvrière est toujours présente et accueille les nouveaux arrivants en quête de logements. Actuellement, l’usine offre près de 200 emplois.

Pour Robert Jolivet, directeur jusqu’en novembre 2004, le principal objectif est atteint par la pérennisation de l’activité.

Signalons que l’usine organise périodiquement une journée « portes ouvertes » et que des visites sont également proposées par l’office de tourisme. Visites passionnantes et instructives que nous ne pouvons que recommander.

Notons aussi que les membres de l’association « De la terre à l’acier » ont créé un musée. A l’origine, quelques « métallos » passionnés se sont lancés dans la réalisation de ce musée, retraçant le destin de l’usine métallurgique de Saint-Chély-d’Apcher. Il se visite au sein de l’ancien hôpital. Tous renseignements sont fournis à l’office de tourisme.

Outre l’usine de Saint-Chély d’Apcher, d’autres sociétés vous propose de visiter leurs ateliers, leurs usines dans le cadre d’un tourisme industriel ;  il s’agit de :

Verfeuille fabrication de produits à base de marrons et châtaignes, de confitures,
Schistes Rocher : carrière d’extraction pour la fabrication de lauzes
Nestle Waters France : embouteillage de l’eau de Quézac
Musée de la métallurgie animé par des retraités de la métallurgie
Magnanerie de la Roque ; musée de la sériciculture
Filatures de Calquières : transformation de la laine
Cuisines Meissonnier : conception et fabrication de cuisines
couteaux Bastide : voir article dans les archives de «  l’info en plus » sur ce site
Cordesse Meubles SA : fabrication de meubles

Pour tous renseignements – adresses, heures de visites, conditions – consulter le site :

« Tourisme industriel en Lozère »
http://www.lozere-visite-entreprise.com/index.htm

Catherine Denos, Marie Luxembourg, Roger Tichet