Léon Boyer et le viaduc de Garabit

Léon Boyer et le viaduc de Garabit

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Le viaduc de Garabit, s’il n’est pas en Lozère, reste tout de même l’œuvre conceptuelle d’un Lozérien, Léon Boyer
André Pierre Léon Boyer  naquit à Florac le 23  février 1851 où son père y tient un office  notarial,    
[son acte de naissance est consultable à :
http://culture.lozere.fr/images/EtatCivil/jpeg/4e061019/e0000013.jpg ]
Elève au Lycée de Lyon, il fut reçu  un des premiers  à l’école polytechnique dont il devileon_boyernt l’un des plus brillants élèves. Sorti de l’école, il  intégra les Ponts et Chaussées, et fut  nommé ingénieur à Marvejols en Lozère. Chargé de l’étude de la ligne du chemin de fer de Marvejols à Neussargues, il surmonta avec un rare talent les difficultés tout à fait exceptionnelles que présentait le tracé,

Patricia Vergne-Roches est intarissable sur le sujet et nous confie qu’ « alors que nombre de ses collègues ont déjà planché sur le sujet sans y trouver de solution satisfaisante, arrive à Garabit un jeune ingénieur lozérien du nom de Léon Boyer, âgé de 27 ans, qui va résoudre ce problème du franchissement de la vallée de la Truyère. C’est à lui que l’on doit l’idée ambitieuse d’un viaduc à Garabit.

De part et d’autre de la Truyère s’étend un plateau sur lequel la voie peut se développer sans difficulté. Pourquoi donc ne pas franchir la rivière au moyen d’un ouvrage d’art qui éviterait les inconvénients de fortes rampes. C’est la grande époque de la construction métallique. Léon Boyer à partir des calculs qu’il a lui-même réalisés et s’appuyant sur les exploits de l’entreprise Eiffel dans le franchissement du Douro au Portugal, pense pouvoir résoudre le problème de la traversée des gorges de la Truyère.

L’idée de Léon Boyer a deux avantages considérables : une meilleure rentabilité de la ligne due à une voie plus rectiligne et une économie de trois millions de francs (construction du viaduc compris !) sur le précédent tracé, moins accidenté mais plus long. La proposition de Boyer empruntait l’idée de l’arc du pont Maria Pia. Ce dernier avait d’ailleurs largement fait parler de lui. Même si les dimensions de Garabit étaient beaucoup plus ambitieuses, il n’en restait pas moins que l’expérience d’un pont en arc avait déjà été tentée avec succès et que la réputation de la compagnie Eiffel n’était plus à faire.

Le ministre, par dérogation à la règle générale du concours ou de l’adjudication publique, autorisa les ingénieurs à passer un marché de gré à gré avec la compagnie Eiffel. Léon Boyer, réalisa l’avant-projet et effectua le suivi de la réalisation. »

Gaston Tissandier, dans la revue Nature n° 675 du 8 mai 1886 annonçait  « Une bien triste nouvelle a été connue à Paris dimanche dernier ; nous voulons parler de la mort de l’un de nos ingénieurs les plus distingués, de M. Léon Boyer, directeur général des travaux du Canal interocéanique, qu’une terrible et subite attaque de fièvre a enlevé dans sa résidence de Panama.

Léon Boyer n’avait que 35 ans ! Né à Florac, dans la Lozère. Après l’achèvement du chemin de fer de Marvejols à Neussargues, Léon Boyer se fixa à Paris, et il fut bientôt attaché à la direction des Chemins de fer au Ministère des travaux publics. C’est alors que la Compagnie du Canal de Panama lui proposa de remplacer M. Dingler comme directeur général des travaux. Léon Boyer n’hésita pas à accepter : l’importance de l’œuvre de M. Ferdinand de Lesseps était faite pour séduire cet homme de hardiesse, de volonté et de persévérance, qui avait la louable ambition d’attacher son nom à de grandes entreprises. Dès son arrivée à Colon, il dirigea les travaux avec l’activité et l’ardeur qui l’animaient. Il étudiait des modifications et des améliorations importantes dans le tracé du canal, quand la mort vint le surprendre. L’ingénieur rendit le dernier soupir quelques jours après avoir appris par un télégramme, que sa jeune et courageuse femme restée à Paris, venait de lui donner un fils ! Léon Boyer. dont nous avions l’honneur d’être l’ami, joignait à une intelligence d’élite toutes les qualités d’un beau caractère. Il avait l’entrain du méridional, la fougue et l’élan de la jeunesse ; il se passionnait pour tout ce qui est grand et pour tout ce qui est noble.

Il est mort au nom de la science, pour laquelle il combattait. Comme le soldat qui tombe au champ d’honneur, il trouvera des frères d’armes qui vengeront sa mémoire en achevant la conquête commencée »

Bel éloge qui lui rendit la revue Nature,  Florac ne fut pas en reste et commanda une statue à la gloire de l’enfant du pays, Panama lui érigea un buste que l’on peut voir sur la Plazza Francia.

Patricia Vergne-Roches a écrit deux livres sur le Viaduc

Le premier « Le Viaduc de Garabit » Un géant d’un autre temps (Edition : la vie du rail) est un livre que les journalistes ont décrit comme un livre de référence qui nous plonge dans le contexte de cette seconde partie du XIXème siècle avec l’arrivée du chemin de fer. Ce livre décrit en détails le projet puis la construction du « plus gigantesque travail du monde », l’une des plus belles réalisations de Gustave Eiffel, en étayant son récit d’anecdotes savoureuses. Il évoque ensuite le changement de look du viaduc avec sa mise en eau lors de la construction du barrage de Gra-la-decouverte-de-garabitandval, l’arrivée de la peinture rouge, etc…

Le second «  A la découverte de Garabit » illustré par Tony Rochon est né de l’envie d’éveiller les jeunes enfants au patrimoine et aux richesses de leur territoire. L’auteure a voulu partager sa passion pour un ouvrage d’art d’exception : le viaduc de Garabit

Edition : la vache qui lit. http://www.editionslavachequilit.com/

En vente à la Maison de la Lozère 1bis  rue Hautefeuille 75006 Paris