La peste en 1720-1721 – Toute ressemblance avec les événements que nous vivons est fortuite


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C’était en Lozère, à l’époque de la contagion où les moyens mis en œuvre pour juguler l’épidémie ressemblent à ceux d’aujourd’hui.

Lors de l’épidemie de peste de 1720-1722, on adopta quelques règles pour éviter la propagation de la peste. Félix Buffière : “Ce tant rude Gévaudan” :

« On envoya, des gens de guerre aux environs, pour monter la garde nuit et jour. On mit des barrières pour empêcher le mal de se propager. Un gigantesque cordon sanitaire coupa les régions pestiférées du reste du pays. Deux mille postes encerclaient le Gévaudan, éloignés l’un de l’autre d’à peine deux portées de fusil…. «

Les remèdes : un cordon sanitaire et l’interdiction de déplacement. Plusieurs actes ou écrits dans les registres paroissiaux en font état.

À Esclanède : la troupe

En 1720 à la fin du registre « la contagion a fait ravage épouvantable à Marseille et en plusieurs endroits de la Provence ».

En 1721, « la peste qui avait commencé en 1720 s’est répandue à la Canourgue et aux environs à marueious (Marvejols), à mende, à gres (Greze), à monrodat et en plusieurs autres endroits et causé partout un ravage épouvantable et continue encore, à cette cause le régiment de jeantal composé de neuf cents hommes a campé tout entier au bruel pendant cinq à six semaines dans le mois de juillet et aout qui ont beaucoup incommodé le pays. Dieu soit béni qu’il lui plaise d’apaiser son courroux et nous fasse miséricorde ».

Ce curé écrit chaque fin d’année les nouvelles de la paroisse parfois élargies au royaume.

À Laval-du-Tarn secours céleste

« Le vingt neuvième juin 1721 j’ai béni et exposé à la vénération publique une statue de la Ste Vierge sur le grand autel de cette église que j’ai acheté au Puy 55 lt (livres tournois) afin d’obtenir pour son intercession d’être préservé du mal contagieux dont la ville de la Canourgue est affligée et autres lieux voisins aussi.

À Saint-Chély-Du-Tarn une nuit de noces particulière

Le 25 juin 1722, mariage entre le vicomte François Fages et Françoise Malzac

« nous avons reçu le mutuel consentement et béni leur mariage des deux parties sur le bord de la rivière du tarn , le sieur Fages étant au-delà et nous et la dite Malzac ..en deçà à cause de la ligne formée le long de la rivière au suite de mal contagieux dont plusieurs lieux ..ont été attaqués”.

À Saint-Préjet une autorisation de déplacement

Le 25 avril 1721 : « Nous, curé de St Préjet, certifions à tous ceus qu’il appartiendra que les nommés Marcelain SOULIGNET et Jean Pierre SEGAIN, nos paroissiens, sont partis de nostre lieu le vintcinquième du mois d’avril mil sept cens vint un en bonne santé pour aller à la foire de Séverac, n’ayant pas dans ce pais aucune maladie contagieuse.

En foi de quoi nous avons accordé le présent certificat.

d’ALBIGNAC, curé »

le cordon sanitaire

À Fournels et à Nasbinals

le 21 dudit mois [octobre] et an [1721] dans l’église d’Anterrieux par Messire Jean Orliac curé de la dite paroisse, de ce prié [de faire les actes] par moy curé de Fournels soussigné, mes paroissiens ne pouvant venir à la paroisse à cause du blocus qu’on a fait au pont de St Juéry dans ce temps de peste pour empêcher la communication des habitants des lieux pestiférés d’avec les autres…

Le 23 aout 1721 Pierre Olier est enterré dans un coin de son jardin « n’ayant pas été trouvé à propos de le faire porter au cimetière »

Et ce qu’il en coûte de passer le cordon sanitaire.

Jean Gaillard de St Juéry fusillé pour avoir été accusé d’avoir reçu des étoffes sur le pont. Mort le 24 février et enseveli à la chapelle de Notre Dame de miséricorde le 25 dudit mois 1722.

9 mai 1722 Jean Vigouroux de Montgros âgé d’environ soixante ans est décédé, c’està dire qu’il a été fusillé à Born en la paroisse de Lunet, après avoirconfessé, pour avoir passé la ligne qui a été faite entrele Gévaudan et le Rouergue, à cause de la contagion, qui était dans le Gévaudan, le 9e may 1722.

Le cordon sanitaire et le confinement eurent raison de l’épidémie qui ne passa pas en Rouergue ni en Auvergne.