Association des Lozériens de Paris

A la une

2012-05 le mois de mai

Le 1er Mai,

muguet1

 

Les Lozériens de Paris vous offre ce brin de muguet

accompagné de  tous leurs

meilleurs vœux de bonheur

————————-

Le 21 mai,logo lozeriens-de-paris

 Réunion du CA des Lozériens de Paris, voir l’ordre du jour dans l’espace adhérent

Merci à Cindy qui nous a offert le nouveau logo de l’Association des Lozériens de Paris

 

 

————————-

et au pays:

le 19 mai,

2012_malzieu-fete

 

 

   fête médievale au Malzieu,

 spectacles en continu, s‘adresser à l’office du tourisme

————————-

Le 25 transhumance_2012mai,

la transhumance en Aubrac.

Et si vous voulez vous entretenir avec la Roussella, rendez-vous  à 

http://www.lozeriens-de-paris.com/?p=3380
Elle vous racontera son Aubrac

 

————————-calendrier

A venir ,

   le 09 août 2012?

mais qu’est-ce qui se passe ce jour-là?

————————-

Nouvelles en vrac d’ici et d’ailleurs

 Venez découvrir le film : « Un Mont Blanc pour y croire », lundi 7 Mai 2012 à Montpellier  ! Ne ratez pas cette occasion unique de découvrir ce film bouleversant qui, après le Prix du court métrage de La Rochelle, vient de logo-afa95recevoir le Prix du Film Médical Grand Public 2011 !

Malgré la maladie, il est possible d’aller au delà de son handicap, de gravir des sommets, de soulever des montagnes ! Tel est le message qu’Eric a voulu faire passer en formant une cordée solidaire associant malades, médecins, proches et guide de haute montagne chevronné. Décidés à se battre envers et contre tout, quitte à se priver de nourriture s’il le faut, ils se sont tous engagés dans une aventure humaine et sportive à la découverte de la haute montagne.

http://www.afa.asso.fr/
————————-

 Frèrste-foy-skitee Jean du skite de Sainte-Foy vous invite à visiter son exposition photos 
  « Visages d’acteurs des années 70  » 
   Vernissage le vendredi 11 mai a partir de 18h00
    Galerie 15 – 15 rue Edgar Quinet – 30100 Ales

       Si vous ne pouvez pas venir au vernissage je propose de voir les photos   »Visages   d’acteurs »  sur le site/
 www.photo-frerejean.com
————————-
la pomme bleue

le prix Arverne a été décerné à Roger BETEILLE pour « La Pomme bleue », la remise du prix s’est déroulée dans les salons Angelina, le 12 avril 2012, à 19h30, voir l’article ci-dessous

 La vidéo de la remise du prix Arverne

 http://www.youtube.com/watch?v=gAHx5YJ41NA&feature=youtu.be

 

————————-

 A decouvrir

Antoine Alcoléa signe, aux Éditions Edilivre, son premier ouvrage « les Saisons » <http://www.edilivre.com/>

couverture-les-saisons« En cette mi-juillet 2002, des hauteurs du Roc de Fenestres, les pensées de Guilhem traversèrent la Margeride, grimpèrent le Mézenc avant de se perdre dans les brumes dissimulant les Alpes , là-bas, tout près de l’horizon.

Les devèzes luttaient sans espoir contre l’invasion de pins sylvestres revenant sur les terres d’où l’homme les avait chassés. Les genêts, pourtant si robustes, se voyaient peu à peu supplantés par les hampes roses des épilobes venues d’outre-Atlantique coloniser le Vieux Continent. La Margeride était belle et franche. Elle savait rester humble.

Guilhem ne se doutait pas encore que sa découverte, sur les versants ravinés par les précipitations abondantes de la nuit, aller l’amener à résoudre , à l’autre bout du monde, une énigme qui sommeillait là depuis cinquante ans. »

Une boite découverte et la magie commence…

Un roman qui mêle réalité et fiction et nous absorbe entièrement jusqu’à la dernière page

 ————————-

Marie Luxembourg

————————-

L'actualité

2012-05:Henri IV et les femmes

Le 14 mai, rue de la Ferronnerie à Paris, Henri IV était poignardé …le Vert Galant ne survivra pas à ses blessures

Marvejols qui doit tant à ce roi qui aimait tant les femmes lui a rendu hommage lors d’une conférence donnée  par Jean François Deloustal. Il y évoque les rapports entre Henri IV et les femmes.

L’Association des Lozériens de Paris remercie vivement l’auteur qui nous permet de partager un moment privilégié de la vie d’Henri IV.

Henri IV et les femmes

Mère, sœur, épouses, favorites, la vie toute entière du Bon Roi Henri est rythmée, influencée, modelée même par sa relation à la femme, sa relation aux femmes, tant le Roi, insatiable, ne peut se satisfaire du féminin singulier. Quelles qu’elles soient, ces relations sont toujours passionnées, mêlées d’amour et de haine, d’étreintes et d’éclats de voix, de déclarations enflammées et de philippiques écrites au bout d’une plume trempée dans l’acide. « Le temps qu’il ne consacrait pas aux affaires, il le consacrait à l’amour » avait-on l’habitude de dire sous son règne.

A la fois carburant et talon d’Achille, les sentiments ont fait d’Henri IV, un roi dans la lignée des plus grandes figures populaires à l’instar de Saint-Louis, François Ier, Philippe IV Le Bel, Philippe II Auguste, Louis XI ou encore Louis XIV. Au-delà de sa personnalité ô combien complexe et de sa réputation de vert galant, le mythe est bien évidemment scellé le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie, quand un inconnu se jette sur le roi et le poignarde à plusieurs reprises. Henri IV meurt presque sur le coup, à 56 ans, après vingt ans de règne. Mais le roman de sa vie, fait de guerres, d’amour et de haine, était déjà suffisamment épais pour le faire entrer dans la légende sans cette fin tragique.

I/ Mère et soeur : les premières femmes d’Henri

La figure tutélaire, Jeannne d’Albret

La mère d’Henri, Jeanne III d’Albret, est une forte femme. Elle a marqué l’histoire du Béarn et plus largement de notre pays. Elle est à la fois intelligente, vive, passionnée, spontanée et combative. Un lycée à Saint-Germain-en-Laye et un musée à Orthez portent aujourd’hui son nom.
jeanne-albretJeanne est reine de Navarre de 1555 à 1572, royaume où ne s’applique pas la loi salique qui exclut depuis Clovis les femmes du trône. Elle se convertit dès 1560 au protestantisme sous l’influence sans nul doute du prédicateur Théodore de Bèze envoyé de Genève par Calvin.  Dans son royaume, elle autorise le calvinisme et prend une série de mesures visant à favoriser l’expansion de la Réforme. S’ensuivent naturellement de fortes dissensions entre la reine et les catholiques de Navarre. La reine interdit le culte catholique et exclut le clergé.

Il gèle au château de Pau dans la nuit du 12 au 13 décembre 1553, lorsque l’on réveille Henri d’Albret, roi de Navarre, pour l’avertir que sa fille Jeanne est en train d’accoucher. Entrant dans la pièce, Henri d’Albret a, dit-on, encouragé sa fille à chanter une vieille chanson béarnaise, Nouste Dame deu cap deu poun (Notre-Dame du bout du pont), censée lui donner un fils et non pas une fille. On dit alors que si la mère pleure ce sera une fille, si la mère est au contraire stoïque, ce sera un garçon.
Ayant amené l’enfant dans sa chambre, le grand-père aurait frotté les lèvres de son petit-fils avec de l’ail et lui aurait ensuite fait humer une coupe emplie de vin de Jurançon. Voyant l’enfant réagir vivement, il se serait alors écrié : « Tu seras un vrai Béarnais ! ».

Comme son grand-père, l’enfant est prénommé Henri.

La prime enfance d’Henri s’inscrit dans les paysages béarnais de sa famille maternelle. C’est là, dans le château de le-chateau-de-coarrazeCoarraze à Pau, sur les contreforts des Pyrénées, que le petit Henri va passer l’essentiel de sa petite enfance. Il va côtoyer là paysans, domestiques et animaux. Il  forge son attachement viscéral à son pays d’origine et son goût pour la simplicité et le contact humain qui formeront par la suite un de ses traits de caractère légendaire. Seul son rang lui fait quitter ses vertes montagnes pour la capitale.

Une éducation rude donc, faite de simplicité et d’amour pour son territoire. Henri dort peu et fait quantité d’exercices physiques. (Mens sana in corpore sano). Une éducation faite de principes moraux également. Sa mère tente sans succès de l’éloigner d’une trop grande proximité avec les femmes, « ruine de l’âme du corps et de la réputation » selon ses propres mots.

Le 6 mars 1554, le petit Henri est baptisé devant un aréopage de nobles et de souverains.
En guise de berceau, Henri est doté d’une carapace de tortue géante.

Alors que son rang dans la succession ne l’y prédispose pas naturellement, Nostradamus qu’il rencontre lui promet un destin de roi de France et de Navarre.

En 1568, sa mère prend la tête du mouvement protestant et emmène le futur Henri IV alors âgé de 15 ans, à La Rochelle que Jeanne administre dans tous les domaines, à l’exception des affaires militaires. Elle fait par ailleurs le lien avec les princes étrangers alliés. L’éducation du jeune Henri revêt désormais un caractère très appliqué.

Afin d’asseoir les positions familiales, Jeanne d’Albret est à la manœuvre. C’est elle qui entreprend de longues négociations à Paris, pour unir son fils à Marguerite de France, fille Catherine de Médicis. Le mariage doit avoir lieu le 18 août 1572. Mais Jeanne III d’Albret meurt de la tuberculose avant l’union, affaiblie par le mariage de son fils qu’elle voulait parfait et des négociations politiques très âpres. Des rumeurs totalement infondées d’empoisonnement circulent. Elles sont d’ailleurs reprises au siècle des Lumières par Diderot.

Avec la disparition de Jeanne, c’est sans nul doute la femme la plus marquante de la vie d’Henri qui s’éteint, non sans avoir laissé moult recommandations à son fils quant à son avenir, la religion ou les égards qu’il doit prendre envers sa sœur.

Catherine de Bourbon, la sœur du Roi

Toute la famille de Navarre est à Paris en 1572 pour préparer le mariage d’Henri. Nul ne sait encore que la décès de Jeanne va survenir si rapidement. Ce décès laisse Henri et sa sœur Catherine dans le désarroi. Le nouveau roi de Navarre traverse même un épisode dépressif et léthargique et tombe malade.

Mais il y a l’avenir de la famille de Navarre. Le frère et la sœur, plus unis que jamais, s’attachent donc à la finalisation du mariage.catherinebourbon1

Le nez bourbonien, claudicant, la petite Catherine n’est bien sûr pas un canon de beauté mais elle tient pleinement son rang lors du mariage d’Henri. A l’image de sa mère, l’Infante est particulièrement intelligente et déterminée. Sa santé fragile n’altère en rien sa résolution et son volontarisme.

Le mariage de son frère avec la catholique Marguerite de Valois devait symboliser l’union retrouvée des sujets du roi de France. Il devint au contraire le prétexte du massacre de la Saint-Barthélemy, une des journées les plus sombres de l’Histoire de France. Après une série d’escarmouches qui portent la tension à son paroxysme, le massacre intervient. Il a sans doute fait entre 2000 et 3000 victimes. Des huguenots sont massacrés dans plusieurs villes, jusqu’en octobre 1572 à Bordeaux et Toulouse.
C’est un Henri de Navarre impuissant qui assiste aux massacres de ses compagnons venus à Paris pour ses noces. Suite à ces événements tragiques, le frère et la sœur abjurent dans la précipitation et sont contraints de demeurer à la cour, sous surveillance, loin de leurs proches et de leur pays.

Durablement marquée par la personnalité et la ferveur religieuse de sa mère, Catherine demeure, néanmoins en son for intérieur, une protestante très endurcie. A Paris, elle assiste avec effarement aux dépravations quotidiennes de la cour de France. Se laissant aller à ses inclinations, le jeune Henri profite quant à lui de cette souplesse des mœurs.

Après l’évasion de son frère Henri, devenu roi de Navarre, Catherine rejoint le Béarn et renoue avec le protestantisme. Elle devient officiellement régente de Navarre lors des nombreuses absences d’Henri. Très attachée à son frère, Catherine est extrêmement cultivée. Elle ne renierait en rien la devise figurant au-dessus du lit de sa grand-mère Marguerite de Navarre qui, paraphrasant l’Epître de Paul aux Corinthiens, affirme  « Là où est l’esprit, là est la liberté ».
En 1589, son frère devient roi de France sous le nom d’Henri IV. Durant les guerres qui obligent Henri IV à conquérir son royaume, Catherine gouverne le Béarn et ses possessions dans le sud-est en son nom.
Mais rapidement, les relations du frère et de la sœur se dégradent. Un temps favorable à l’union, son frère Henri IV s’oppose, pour des raisons politiques, à son mariage, pourtant d’amour, avec son cousin Charles de Bourbon-Soissons. De santé fragile comme sa mère, Catherine tombe malade. Devant la fureur de son frère, elle doit renoncer à la promesse de mariage qui la liait au comte de Soissons.

La petite sœur se réfugie dans une dévotion totale envers sa religion protestante. Déprimée, n’étant plus que l’ombre d’elle-même, Catherine est contrainte, au titre de la raison d’Etat, de s’unir à Henri de Lorraine, issu de la famille des Guise. Elle a alors 40 ans.

Il fallut une dispense du pape pour que le mariage soit possible entre des personnes de religions différentes. Le 29 décembre 1598,Clément VIII se déclare opposé au mariage.
Ulcéré, Henri IV fait pression sur l’archevêque de Reims afin qu’il accorde une autorisation de mariage. Celui-ci se déroule à Saint-Germain-en-Laye le 31 janvier 1599.
Calviniste convaincue, elle refuse de se convertir. Après son mariage, elle fait même venir des pasteurs calvinistes auprès d’elle alors que son mari, est un très fervent catholique.

Epuisée, elle meurt d’une pleurésie en 1604, à l’âge de 45 ans.

Entouré et formé par les femmes dans son cercle familial, Henri IV, dans sa vie d’homme, est constamment au contact des femmes qui ont, de ce fait, une influence importante sur sa vie.

II/ Les épouses du Roi

La reine Margot

Marguerite de Valois est la fille d’Henri II et la sœur des rois François II, Charles IX et Henri III. Son mariage qui doit sceller la réconciliation des catholiques et des protestants est  marqué, au contraire, nous l’avons vu, par marguerite_de_valois le massacre de la Saint-Barthélemy et la reprise des troubles religieux.

Particulièrement belle, intelligente et cultivée, la princesse a véritablement toutes les qualités pour briller à la cour. Elle est d’abord promise en mariage au fils de Philippe II d’Espagne, l’infant Charles. Les négociations n’aboutissent finalement pas.
L’idée d’une union avec le jeune chef du parti protestant  Henri de Navarre fait alors son apparition. Elle permettrait de réunifier un pays brisé par la scission religieuse. Des négociations que nous avons déjà évoquées s’engagent alors entre Catherine de Médicis et la mère d’Henri, Jeanne d’Albret.
Sans attendre la dispense pontificale indispensable à la fois en raison de la différence de religion et du cousinage des futurs époux, l’union est célébrée le 18 août 1572. La proximité du massacre  de la Saint-Barthélémy a valu au mariage le surnom de « noces vermeilles ».

Au gré des troubles politiques et des frasques conjugales d’Henri, les rapports du couple de Navarre se détériorent, d’autant plus que Marguerite ne parvient toujours pas à être enceinte. Henri multiplie les maîtresses tandis que Marguerite s’adonne elle aussi aux amours ancillaires provocant l’ire du roi.
Rejoignant finalement son mari en Navarre, elle rentre ensuite à la cour avant d’être chassée par son frère, le roi Henri III. Rejetée par son mari et son frère, elle est assignée à résidence au château d’Usson en Auvergne. Elle scandalise une population peu accoutumées aux usages de cour et aux excentricités telles que promenades à dos de chameau ou par anachronisme, ce que l’on nomme au XVIIIè siècle des fêtes galantes.

En 1589, la reine mère, Catherine de Médicis meurt suivie par Henri III, assassiné par un fanatique. Marguerite reprend alors contact avec son mari et nouveau roi Henri IV pour tenter de redresser sa situation financière. Bien qu’à son nom s’attache un lourd parfum d’intrigues et de scandales et que sa stérilité soit avérée, elle sait que le nouveau roi a besoin d’un fils légitime pour consolider son pouvoir.

Mais Henri à l’esprit ailleurs. Il songe à épouser sa maîtresse, Gabrielle d’Estrées malgré le   refus de Marguerite. La mort providentielle de la favorite change la donne. La reconnaissance de nullité du mariage est finalement prononcée, le 17 décembre 1599. Margot conserve son titre de reine tandis qu’Henri IV épouse un an après Marie de Médicis qui 9 mois plus tard assure la descendance de la dynastie capétienne en lui donnant un fils.
De bons rapports peuvent désormais se rétablir entre les deux ex-époux. Après vingt ans d’exil, Marguerite rentre dans les grâces du roi de France mais elle n’est pas encore de retour à Paris. Son cas n’est pas prévu par la coutume, mais sa nouvelle position lui permet de recevoir à Usson de nouveaux visiteurs charmés de la qualité culturelle du lieu et de la générosité de leur hôtesse.

Marguerite est de retour dans la capitale en 1605. Largement dédommagée, elle peut honorablement tenir son rang. Elle se fait bâtir sur la rive gauche de la Seine un magnifique hôtel particulier qui va vite devenir le nouveau rendez-vous des écrivains et des artistes.

Dix ans après son retour en grâces, elle meurt le 27 mai 1615.

La « reine Margot » a fait couler beaucoup d’encre et le mythe d’une femme lubrique et sulfureuse est tenace. La reine possède à la fois beauté, santé, intelligence et énergie. Remarquable latiniste, elle était très cultivée et savait briller en société comme dans les salons littéraires. Son influence est considérable à partir de la fin du XVIIè siècle. C’est au xixe siècle que naît véritablement le mythe de la Reine Margot. On compte parmi les auteurs qui ont le plus contribué à faire de Marguerite un personnage de fiction, Alexandre Dumas, après la parution en 1845 de son roman La Reine Margot.

Les secondes noces, Marie de Médicis

marie-de-medicis1La seconde épouse d’Henri IV est Marie de Médicis, née le 26 avril 1575 à Florence, fille de François Ier de Médicis, grand-duc de Toscane, et de Jeanne, archiduchesse d’Autriche.  Très intéressée par les disciplines scientifiques et les arts, Marie est par ailleurs très dévote. Physiquement, c’est une femme de belle prestance.

Celle que l’on surnomme la petite fiancée de l’Europe est encore célibataire à 27 ans. C’est finalement le roi Henri IV qu’elle épouse le 17 décembre 1600 à Lyon. Ce mariage répond avant tout, pour le roi de France, à des préoccupations dynastiques et financières. En effet, les Médicis, banquiers créanciers du roi de France, promettent une dot d’un montant total de 600 000 écus d’or.

Marie de Médicis est rapidement enceinte et met au monde le dauphin Louis, futur Louis XIII, le 27 septembre 1601, au grand contentement du roi et de son royaume qui attendent la naissance d’un dauphin depuis plus de quarante ans.
Marie continue son rôle d’épouse et donne à son mari une nombreuse progéniture (6 enfants en l’espace de 9 ans).

Très jalouse, elle ne supporte pas ses aventures féminines, et les nombreuses indélicatesses de son époux à son égard. En effet, il l’oblige à côtoyer ses maîtresses, et lui refuse souvent l’argent nécessaire pour régler toutes les dépenses qu’elle entend réaliser pour manifester à tous son rang royal. Des scènes de ménage épiques ont lieu, suivies de périodes de paix relative.

Lorsque Henri IV meurt assassiné par Ravaillac, c’est Marie de Médicis qui assure la régence au nom de son fils, Louis XIII, âgé de seulement 9 ans. En 1615, elle se rapproche de l’Espagne, rapprochement qui se concrétise par le mariage entre Louis XIII, épouse Anne, infante d’Espagne. La politique de la reine provoque néanmoins des mécontentements. D’une part, les protestants s’inquiètent du rapprochement avec l’Espagne catholique. D’autre part, Marie de Médicis tente de renforcer le pouvoir monarchique à l’aide de personnages sulfureux comme Leonora Galigaï, sa compagne de jeux d’autrefois et Concino Concini, l’époux de celle-ci, ce qui déplaît profondément à une certaine partie de la noblesse française. Le 15 mai 1614, la reine convoque les États Généraux à Paris. C’est la dernière fois avant 1789.

Terminant sa vie en disgrâce, elle meurt dans le dénuement le 3 juillet 1642, de la gangrène. Son corps est ramené à Saint-Denis, tandis que son cœur est envoyé à La Flèche, conformément au souhait d’Henri IV qui voulait que leurs deux cœurs soient réunis.

III/ Des maîtresses omniprésentes et parfois très influentes

Gabrielle d’Estrées

D’une beauté éclatante, Gabrielle d’Estrées est surnommée la « presque reine ». Gabrielle d’Estrées devient la favorite d’Henri IV en 1591.

gabrielle-et-henriEn 1590, Paris est assiégé et la population meurt de faim, contrainte de manger des chevaux, des ânes, des chats, des rats, des os broyés.

C’est alors que Roger de Bellegarde, grand écuyer de France, veut présenter sa maîtresse Gabrielle d’Estrées au roi, qu’Henri IV conçoit pour elle une vive passion. Lors de la première rencontre, Henri IV est déguisé en serf. La femme lui assène « vous êtes si laid que je ne peux vous regarder » mais finit par lui céder 6 mois plus tard. Il la marie par souci des conventions à Nicolas Damerval de Liancourt, puis demande à ce que le couple divorce pour la rendre libre, l’appelle à la cour, crée pour elle le duché de Beaufort et comble d’honneurs tous ses parents.

En dépit de tous les usages  et de la raison d’Etat, Henri envisage de se marier avec Gabrielle d’Estrées. Il en est empêché par le Pape Clément VIII, hostile à la répudiation de la reine Marguerite de Valois. La mort de la favorite du roi met un terme au problème. Gabrielle, enceinte de quatre mois du quatrième enfant d’Henri IV, est prise de terribles convulsions. On soupçonne un empoisonnement mais l’hypothèse la plus probable est celle de l’apoplexie foudroyante.

Au lendemain de sa mort, le roi est effondré : « Les regrets et les plaintes m’accompagneront jusqu’au tombeau. La racine de mon cœur est morte et ne rejettera plus… » écrit Henri IV. La belle Gabrielle a droit à des funérailles royales. Fait inédit, le roi porte le deuil en s’habillant tout de noir.

Henriette-Catherine de Balzac d’Entragues
Henriette-Catherine de Balzac d’Entragues née en 1579 à Orléans. Elle rencontre le roi Henri IV en août 1599, quelques mois après la mort de Gabrielle d’Estrées. Henri IV a alors un  véritable coup de foudre pour cette femme de grande beauté. Mais Henriette vise plus haut cath-henr-de-balzacque la place de favorite. Bientôt, sa famille demande à Henri IV de renoncer à Marie de Médicis et d’épouser Henriette. Contre toute attente, le roi signe une promesse de mariage en octobre 1599 précisant qu’Henriette doit pour cela lui donner un héritier d’ici un an. En secret de la jeune femme, Henri poursuit donc les préparatifs de son mariage avec Marie de Médicis. Henriette tombe finalement enceinte du roi mais accouche prématurément en juin 1600 d’un fils mort-né. Le roi annonce alors son union avec « la Florentine». Henriette demeure néanmoins à la cour où elle occupe malgré son rêve de devenir reine, la place de maîtresse officielle. Henri IV l’installe au Louvre et toutes les fêtes sont en son honneur.

Henriette commence par manquer de respect à Marie de Médicis, la ridiculise ouvertement, se considérant comme la véritable reine de France à cause de la promesse de mariage que lui avait faite Henri IV. Celle-ci ne le tolère pas et devient jalouse des enfants d’Henriette. Mais en 1602, le roi apprend que sa favorite et sa famille sont impliqués dans un complot avec l’Espagne : il s’agit de faire en sorte qu’à la mort d’Henri IV, son fils légitimé monte sur le trône à la place du dauphin. Gravement compromis dans l’affaire, François de Balzac et le demi-frère d’Henriette, Charles de Valois (fils de Marie Touchet de Charles IX) échappent de peu à la peine capitale lorsque le roi découvre le complot. Après avoir fait ses excuses au roi, Henriette est pardonnée et retrouve les faveurs de son amant.

Mais en 1609, on présente au monarque une jeune fille de 15 ans, d’une rare beauté et très intelligente : Charlotte de Montmorency. Une fois encore pour le roi, c’est le coup de foudre. Il courtise alors la jeune fille et délaisse Henriette qui tente de rendre jaloux le roi en s’affichant avec de nombreux soupirants. En vain. Lorsque Henri IV est assassiné en 1610, des soupçons sans grands fondements se portent sur Henriette : on la dit complice de Ravaillac. La favorite se serait vengée de son amant qui ne l’a jamais épousée, a refusé son fils comme héritier du trône et l’a délaissée pour la jeune Charlotte. Henriette d’Entragues se fait alors oublier. En 1622, elle fera construire un couvent à Paris où elle finira ses jours. Elle meurt le 9 février 1633 sans s’être jamais mariée.

Charlotte de Montmorency, la presque maîtresse
Charlotte Marguerite de Montmorency est issue de l’une des plus anciennes et des plus illustres familles de France. En 1609, elle entre au service de la reine Marie de Médicis. C’est en répétant un ballet qu’elle éblouit le roi vieillissant. Henri IV a alors cinquante-six ans et Charlotte seulement seize. Mais cela n’arrête pas les ardeurs du roi.
charlotte-marguerite_de_montmorencyIl rompt les fiançailles de la jeune fille avec le marquis de Bassompierre pour lui faire épouser  Henri II de Bourbon-Condé, prince de sang, plus attiré par les plaisirs de la chasse que par les femmes. Henri IV peut ainsi faire la cour à la princesse de Condé.

Mais c’est sans compter sur la jalousie de son mari. Est-ce par orgueil ou par amour, le prince de Condé n’accepte pas cette idylle et quitte la cour entraînant avec lui sa femme en province puis, sous les assauts répétés du roi, à Bruxelles, sous la protection de l’Espagne, grande ennemie de la France.

Pour récupérer sa maîtresse, le roi est prêt à déclencher un conflit arrêté dix ans plus tôt. Alors qu’il se prépare à la guerre, le roi est assassiné. Sa veuve devient régente, Charlotte peut revenir à Paris.

On pense qu’Henri eut plus de cinquante amantes au cours de sa vie. Il tenta aussi de séduire de nombreuses femmes qui refusèrent ses avances. En plus de celles dont nous avons parlé, on peut citer Madame de Sauve (une des femmes utilisées par Catherine de Médicis, pour espionner les gens de la cour). Mlle de Fosseuse, Mlle Esther de Boyslambert, Suzanne de Moulins, Mlle de Tignonville, Mlle Dayelle, Mlle de Rebours, Xaintes, la Comtesse de Graumont, Marie de la Bourdaisiere, Charlotte des Essarts – Comtesse de Romorantin

henri IV marvejols

Henri IV, un personnage dont l’existence est marquée par les femmes. Mère, sœur, femmes et maîtresses, toutes ont joué, chacune dans leur style et à leur place, un rôle ô combien important dans la vie du monarque. Cette relation aux femmes a contribué a écrire les belles pages du mythe d’Henri IV, celle qui fait du souverain le Bon Roi Henri. En l’honneur d’Henri IV, Voltaire écrit en 1728 un poème intitulé La Henriade. Au XIX, après les affres de la Révolution, le siècle romantique pérennisera la légende du Bon Roy Henry, roi galant, brave et bonhomme, jouant à quatre pattes avec ses enfants et grand chantre de la fameuse Poule-au-pot. Plus récemment, l’historiographie contemporaine a rétabli l’image d’un roi qui fut peu apprécié par ses sujets et qui eut beaucoup de mal à faire accepter sa politique. De plus, ses allées et venues d’une confession à l’autre, l’abjuration d’août 1572 et celle solennelle du 25 juillet 1593, lui valurent l’inimitié des deux camps. Avant d’être aimé du peuple, Henri IV fut donc l’un des rois les plus détestés, son effigie brûlée et son nom associé au diable. On ne dénombre pas moins d’une douzaine de tentatives d’assassinat contre lui. Légende noire puis légende dorée ont fait d’Henri IV l’un des rois de France les plus reconnus.

Jean François  Deloustal
Docteur de l’Université Paris IV
Maire adjoint de Marvejols

Illustrations Marie Luxembourg

L'info en plus

2012-04 remise du prix Arverne

Littérature, convivialité et gourmandise ont présidé la remise officielle du 6ème Prix Arverne, jeudi 12 avril 2012, à partir de 19h30, dans les mythiques salons Angélina où un grand nombre d’ Auvergnats de Paris se sont rassemblés, à l’invitation de la Ligue Auvergnate et du Massif Central et de son pdt d’honneur, Raymond TREBUCHON, président fondateur du jury du Prix Arverne, créé en 2007, d’une valeur de 1500€ et destiné à récompenser une œuvre littéraire auvergnate  ou un auteur auvergnat

Ce prix dont le renom grandit et qui s’avère essentiel  au niveau culturel pour le mouvement associatif des Auvergnats de Paris, est remis officiellement chaque année dans les salons Angélina aussi élégants que très accueillants.

 Choisi par le jury du Prix Arverne à l’unanimité, au second tour, pour son roman : « La Pomme bleue », le lauréat, Roger BETEILLE était entouré des gracieuses pastourelles costumées,  de la Ligue Auvergnate et du Massif Central et remise prix arvernede la Lozère, de la Corrèze, de la Haute Loire et du Cantal ainsi que des membres du jury.  Raymond TREBUCHON salua chaleureusement tous ses amis, citant notamment  Jean MATHIEU, pdt  ( Ligue Auvergnate ); Michel DELBOUIS, pdt délégué (Ligue Auvergnate) ; Nicole CATALA,( ancien ministre de la formation professionnelle ); Lucien DOUROUX, (directeur général honoraire du Crédit Agricole) ; Bernard LHERITIER ( pdt Fédération des amicales cantaliennes) ; Jacques DARRACQ (pdt du Centre des Provinces françaises) ; Isabelle CAZALS, (pôle Communication  Ligue Auvergnate), Brigitte REIDEL, (représentant les éditions du Rouergue) et Florence HEIM ( directrice des salons Angélina).

Après avoir relaté l’histoire du Prix Arverne, Raymond TREBUCHON fit un éloquent portrait du récipiendaire. Aveyronnais, né au Mazet, Roger BETEILLE  a fait un brillant parcours universitaire le menant de l’agrégation de géographie à un doctorat  Es-Lettres et une thèse sur l’émigration aveyronnaise qui lui a permis de bien connaître les Auvergnats de Paris et le journal : « l’Auvergnat de Paris » qu’il a beaucoup dépouillé pour ses recherches. Après ses 30 années d’enseignement de la géographie humaine à la faculté de Poitiers, Roger BETEILLE a choisi de s’adonner à l’écriture avec succès, publiant une vingtaine de romans dont certains ont déjà été primés, plusieurs essais en lien avec le Rouergue et des ouvrages de géographie salués par tous. Passionné par son terroir « clairvoyant, charismatique, humaniste, attaché à la solidarité, à la fraternité, à la fidélité, à l’amitié remise ch prix arverneet au souci de l’effort », il a su développer toutes ces qualités dans ses ouvrages très appréciés du public. «  La Pomme bleue », au style alerte et  inspiré, tient à la fois d’une «  querelle des Anciens et des Modernes », abordant le thème de la Révolution agricole des années 60 mais aussi l’histoire d’une famille, d’un choc des générations et de l’exode rural sur fond d’intrigues diverses. Très satisfait de ce Prix remis dans des salons prestigieux et de la reconnaissance littéraire des Auvergnats de Paris, le lauréat, en citant Alexandre Vialatte : « le sage doit toujours conserver un vice pour ces vieux jours » expliqua qu’écrire était son plaisir et qu’il aimait créer dprix arverne pastourelleses personnages et  être en symbiose avec ses lecteurs. Remerciant Nathalie DEMOULIN, son éditrice, Roger BETEILLE souhaita  « une bonne fructification » de la « Pomme Bleue » et reçut du pdt du jury, sous les acclamations et les félicitations, le chèque de 1500€, reconnaissance financière à l’auteur. Le pdt de la Ligue Auvergnate, Jean MATHIEU, fit remarquer que le Prix Arverne prenait de la notoriété grâce à la qualité des ouvrages, des auteurs et du jury et qu’il était un « joyau » de la Ligue Auvergnate. C’est un verre à la main en dégustant de délicieuses friandises salées et sucrées  que s’acheva  plaisamment cette 6ème édition du Prix Arverne tandis que Roger BETEILLE, dédicaçait « La Pomme bleue » à ses compatriotes.

Josyane Delmas-Bouchard